Chêne ou roseau ?
publié le 23/01/2012 publié par Pierre Marzin dans
Depuis quelques temps, je me surprends à faire preuve de souplesse dans mes prises de positions professionnelles plutôt que d’aller à l’affrontement. Je traduis cette attitude en terme d’économie d’énergie. Je fais le pari que je m’épuise moins à jouer l’évitement.
Un peu comme un judoka se sert de la force de l’adversaire pour le faire tomber.
Je trouve de nombreux exemples récents qui confirment le bénéfice retiré de cette zen attitude : tel article qui s’en est trouvé meilleur après la réécriture par la secrétaire de rédaction, tel projet qui m’est finalement revenu après que je l’ai vu m’échapper avec regret, tel autre qui a échoué après que j’ai alerté sur le mauvais choix méthodologique…
Aurais-je trouver la martingale du bonheur en entreprise ?
Jusqu’au moment où je réalise que c’est la troisième fois qu’on me demande, la veille pour le lendemain, un audit de la présence en ligne d’un client. Cette fois-ci, je ne la produirai pas en urgence. Le commercial ira sans rien en clientèle. De la même façon, je me suis imposé, sans être invité, à cette réunion qui traite de l’avenir d’un projet de formation dont j’ai la charge.
Il n’y a pas de morale a cette histoire banale, que des individus et des moments différents. Si ce n’est peut-être, que l’on peut adopter la souplesse du roseau dans le choix de l’attitude qui permet de résister comme un chêne dans la durée.
Mais quoiqu’il arrive, le naturel nous ratttrape souvent et le choix s’impose spontanément !
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Impro, le 25/01/2012
Que nous dit la fin de la fable sur : le chêne et le roseau… :
…”Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le nord eût porté jusque là dans ses flancs.
L’arbre tient bon, le roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.”… Jean de La Fontaine.
La comparaison entre la violence de l’aquilon et la légèreté du zéphyr sert à illustrer la force prodigieuse du chêne. Ce dernier profite de la situation : le caractère grêle du roseau fait ressortir sa robustesse. À ce moment le fabuliste semble dire : “… Acceptons-nous tels que la Nature nous a faits.”
À la plus grande puissance s’oppose la plus grande légèreté.
Le personnage du vent, arbitre de ce “championnat”, prend le rôle aussi de la fatalité. Jean de La Fontaine prête au “chêne et au roseau” des comportements humains, mieux vaut être modeste qu’arrogant, conciliant que rigide, humble que satisfait et sûr de soi : soyons pragmatiques !
Cet illustre fabuliste nous livre également une citation célèbre : “Que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir ! “